Partir à l’aventure vers l’Est du Canada Blog #4
Jour 8 -13 juin 2024- De Meat Cove à Cheticamp
Il a plu toute la soirée hier ainsi que toute la nuit. Les nuages sont présents au lever, mais comme prévu le soleil arrive peu de temps après. On prend le café avec une belle vue sur l’océan.


Mon mental est bizarre, je suis inquiète de sortir du terrain de camping. Je fais une montagne avec la côte à grimper. J’ai peur qu’on glisse! Il faut dire que le souvenir d’un terrain vaseux en Ontario où les pneus d’HeRVé tournaient dans le vide et que le camion glissait sur le côté au lieu d’avancer, me hante encore.
Bon, je m’en étais fait pour rien ici car Claude sort le VR de façon simple et sans aucun souci.
Je vais continuer de travailler cette anxiété mal placée. Il est patient ce Claude et me donne souvent des occasions de mettre à profit les techniques apprises au yoga!
Ce matin, on a 40 kilomètres à faire pour aller à la randonnée Skyline. Mais, fidèles à nos habitudes, et voulant tout voir, on part en direction opposée. On revient sur nos pas en empruntant la Cabot Trail du côté Est car il semble qu’on aie manqué de faire la Coastal Loop. C’est une route panoramique qui longe la mer entre Neil’s Harbour et South Harbour. On la prend à partir du sud. Quand on entre dans cette Route du Littéral, il nous reste encore 70km pour la randonnée de la Skyline.
Nous sommes bien contents d’avoir fait ce bout de chemin. On voit un beau petit port de pêche et ses pêcheurs revenant vendre leurs homards et un phare, entre autres.



Sur la route, lors d’un de nos nombreux arrêts panoramiques, on rencontre un gars de Montréal, que dis-je « un moyen athlète » qui fait la Cabot Trail à vélo, seul. Il campe ou loge dans des gites selon le cas. Il a choisit cette destination pour s’entraîner avec les côtes car plus tard cet été il va faire 3 semaines de vélo en Islande! Il est courageux au centuple, intrépide, malade ou fou, selon qui lit mon blog! Xavier St-Martin, tu as toute mon admiration! Faire ça c’est quelque chose, le faire seul par surcroît c’est malade.




On va faire la randonnée Skyline. C’est la plus connue du Cap Breton et celle dont tout le monde parle. C’est sûrement aussi celle dont on parlera car c’est la plus spectaculaire. C’est une longue randonnée de 7.5 km ou 8.2 Km pour qui veut faire la boucle complète. Le sol est en gravier et je suis quand même contente d’avoir apporté mes bâtons de marche. Nous choisissons l’aller-retour car selon nous 7.5 km est amplement dans notre palette.
Ce que nous ne savons pas c’est que pendant l’aller, on descend pendant plus de 3 kilomètres!
Rendus à la section sur trottoir de bois on y est presque. La vue qui va vous frapper est aussi magnifique que le vent de face y est fort. Il faut soit tenir la casquette soit l’enlever. Nous avons choisi la seconde option. On pense qu’on est rendus quand on voit la mer de la plateforme, mais là il y a des escaliers pour descendre encore plus bas. Nous sommes à l’altitude 320 mètres et au bas des 269 marches nous sommes à l’altitude de 260 mètres.
On se doute bien que le retour est plus difficile. Le dénivelé de 185 mètres nous rattrape vite à cause des kilomètres déjà dans les jambes. Vive les petits bâtons de marche.
Et comme on n’avait pas assez de kilomètres à faire, on a mal lu la pancarte du stationnement et on a arrêté heRVé à 1 kilomètre aller-retour de l’entrée de la randonnée, bravo champions!
Le verdict final du milage est donc 8.2km. Nous en sommes très fiers.








Nous continuons notre journée en allant en direction du camping de parcs Canada de Chétican.
Un beau site avec plusieurs arbres.


C’est la première journée où des petites mouches noires nous fatiguent. Je ne me suis pas trop fait piquer et Claude non plus. J’ai gagné la première partie de crib mais Claude a finalement décidé de commencer à gagner. Le score est maintenant 6-1 pour Katie.
Jour 9 -14 juin 2024- En route vers Halifax/Dartmouth
Aujourd’hui on fait plus de route.
On doit se rendre à Dartmouth soit environ 400 kilomètres de Cheticamp. On a réservé un camping pour deux jours en banlieue d’Halifax.
On prend tout de même notre temps.
On arrête à la boulangerie Aucoin de Cheticamp et aussi au quai pour voir un peu le village. L’offre est belle et on y parle un français avec un accent rappelant la Sagouine. On achète un croissant au fromage et un scone. C’est mieux que lors du premier achat, mais mes scones sont vraiment meilleurs que ça.



On emprunte la route 19 qui semble longer la côte, mais qui au final ne nous permet pas vraiment de voir l’eau.
On rencontre aussi une zone de construction qui me fait complètement halluciner. Après avoir attendu pendant 15-20 minutes au panneau d’arrêt tenu par un ouvrier de la construction, on nous fait signe d’avancer. La construction est dur plusieurs kilomètres, ils refont un tronçon de la route. On arrive à la section où ils travaillent présentement. Elle est gardée à gauche par une méga grosse machine qui arrache et pose l’asphalte. Cette route est large, juste assez pour des voitures mais limite pour un VR comme le nôtre. La portion qui déborde de l’asphalte sur la droite n’est pas très large et même en pente vers le ravin. C’est à ce moment-là que Claude prend tout son courage (ce n’est pas le temps pour moi de lui parler) et manoeuvre doucement pour dépasser la zone.
On penche un peu vers la droite car la route est ainsi faite, et Claude tente bien de garder toutes les roues sur l’asphalte. Ce n’est pas le temps de débarquer sur la garnotte. Il y a même un travailleur que Claude espère ne pas frapper, et c’est un succès. Cette zone dangereuse n’est que de 35-40 mètres, mais c’est assez pour me faire retourner dans mes sessions de yoga, les yeux fermés. Ça marche, je panique moins. Comme je ne voulais pas regarder il n’y a pas de photo non plus.
On continue la route et on arrête à l’incontournable roulotte Michelle’s de Antigonish. Tout au fond du stationnement du Canadian Tire, il faut prendre le poisson et frites. Un « 2PC Fish &fries » pour deux est juste assez pour nous.

Nous continuons notre route vers Halifax. J’ai réservé deux nuits au camping Shubie en banlieue de Dartmouth. Les derniers 200 kilomètres sont plus durs sur la concentration de Claude car nous sommes constamment déportés par des bourrasques de vent.
Le temps d’installer notre campement sur un beau site de ce camping, on part à vélo pour visiter les alentours. Claude ne sait pas l’heure (il me le dira plus tard) je sais qu’il est 17h30. C’est plutôt tard pour partir en excursion, mais le soleil de juin se couche à 21h00 alors on a du temps. On trouve rapidement une piste cyclable qui nous amène vers Dartmouth. Elle débute juste à proximité d’un superbe lac Charles avec sa plage. Le radieux soleil est avec nous ainsi que le vent de face à l’aller. On longe ensuite le lac MicMac et le dernier est le lac Banook. Sur ce dernier il y a une dizaine de corridors flottants pour les courses de bateaux à rame. On voit une vieille écluse ainsi que quelques parcs. Plusieurs familles jouent avec les enfants et on y voit beaucoup de chiens. On arrive au bord du port d’Halifax. On a la plus belle des journées, on a le coeur léger quand il fait beau comme ça. Le terminal du traversier est facile à trouver. Ici le bateau est comme l’autobus. Pour 2.75$ nous allons à Halifax et prenons le bateau de 18:30. C’est un traversier pour piétons et cyclistes. Aucune voiture. C’est f’ailleurs assez bizarre d’entrer dans un bâtiment avec le vélo pour accéder au bateau. Nous pourrons revenir aussi tard que 21:00 en payant ce 2.75$/personne. Rendus à Halifax on fait rapidement le tour du centre-ville et on marche un peu sur le boardwalk à côté de nos vélos. C’est très joli avec les bar-terrasses. Les tables sont toutes occupées, ça grouille de monde.

















On reprend le traversier de 19:30 sans frais additionnel. La route du retour se fait plus en continu qu’à l’aller puisqu’on comprend où on va. On ne passe dans la rue qu’au sortir du traversier pour quelques rues et le reste est dans une belle piste cyclable en gravier.



Nous rentrons souper et jouer une couple de parties de crib. C’est Claude le grand vainqueur de la soirée. Le total est donc rendu 6-3 pour moi car Claude gagne les deux parties du jour.
Nous ne nous faisons pas prier pour nous endormir.

Quel beau coin de pays !
profitez-en amoureux de la nature
A+ Margot